Musiline: nouveau service musical orange

5 02 2008

Sans doute afin de concurrencer le partenariat de Free avec Deezer, Orange a lancé il y a quelques semaines un nouveau service de diffusion de musique appellé Musiline. Conçu en partenariat avec Lagardère Interactive, ce service réservé aux abonnés Orange rappellera de bons souvenirs aux utilisateurs de Pandora – une excellente « radio à la demande », malheureusement plus disponible en dehors des US – puisqu’il s’agit peu ou prou de la même idée.

 

Musiline

L’intérêt est ici de créer sa propre radio, en commençant par entrer le nom d’un de ses artistes favoris. Musiline vous joue une chanson de cet artiste, puis embraye en vous proposant d’autres morceaux supposés vous plaire; vous pouvez valider ou refuser chaque morceau proposé, ce qui conduit le système à affiner ses propositions afin de mieux cerner le style de musique qui vous convient. Impossible donc de répéter une chanson ou de choisir directement le morceau que l’on veut comme sur Deezer; il s’agit ici de découvrir de nouvelles chansons. Musiline propose également de régler plus précisément ses paramètres de diffusions, notamment en réglant la répartition des styles de musique ou des décennies musicales au sein de la playlist.

Abonné Orange, j’ai pu tester ce service et…le bilan est mitigé. Du côté des points positifs, la qualité sonore est plutôt très bonne, et le fondu entre les chansons est un plus agréable. Mais pour deux petites qualités, beaucoup de choses qui fâchent…ainsi, lors d’une recherche sur le musicien « Sufjan Stevens » (signé sur une maison de disque indépendante mais artiste aux ventes honorables), on me propose de choisir plutôt entre Cat Power et Steven Seagal. Les chansons proposées par le système n’ont pas vraiment de rapport les unes avec les autres, au contraire de Pandora qui respecte les rythmes, les tonalités et les styles. Les mêmes artistes reviennent assez rapidement (Mika, James Blunt…) quel que soit le style ou l’époque de la chanson de départ choisie. Enfin l’interface, un peu confuse mais sympathique, a une fâcheuse tendance à ouvrir des pop-up pour un oui ou pour un non.

Musiline permet aussi de partager ses « radios », une idée intéressante sur le papier mais qui risque de tomber un peu à plat étant donné les faibles possibilités de personnalisation existant actuellement. Pour financer tout cela, Orange envisage d’insérer de la publicité entre les morceaux; on peut également imaginer que les informations collectées sur les gouts musicaux des abonnés ne seront pas laissées de côté et pourraient permettre à l’opérateur de mieux cibler ses futures offres (payantes) de location ou de téléchargement de musique…

Un service plutôt décevant donc; même pour un abonné Orange, il est plus simple d’aller directement sur Deezer par exemple, qui dispose d’une interface dédiée à la musique (et non pas une page au sein d’un portail comme pour Musiline), de la possibilité de choisir le titre à écouter mais aussi d’un service appellé SMARTradio qui fait la même chose que Musiline, certes de manière moins personnalisable. L’intention est intéressante mais il y a encore du chemin à parcourir pour que Musiline devienne une vraie valeur ajoutée Orange et pas un gadget musical de plus. L’intégration avec Jukebox, le service de vente de musique en ligne du fournisseur d’accès va dans ce sens.

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Radionomy: créer sa webradio, partager les coûts

22 01 2008

radionomyRadionomy, annoncé jeudi dernier, est un nouveau concept permettant à chacun de créer et de gérer simplement sa webradio. Jusqu’alors, diffuser sa musique et ses émissions sur internet était possible – via des outils tels que Shoutcast ou Icecast – mais couteux et fastidieux: il fallait disposer d’un serveur/hébergeur de flux, d’un logiciel d’automation, et bien sûr payer les droits musicaux à la SACEM.

Prochainement disponible en version beta, Radionomy prétend apporter une solution à ces problèmes techniques en proposant de choisir sa programmation parmi une banque de donnée de musiques, jingle, émissions ou simplement de soumettre son propre contenu. Le site proposera un logiciel qui simplifiera la gestion des playlist et la programmation horaire, et prendra en charge les contraintes de diffusion et de promotion. Radionomy se chargerait en outre de rétribuer la SACEM (en faisant le compte exact du nombre de diffusions de chaque morceau) et envisage même de rémunérer les créateurs de radio en fonction de leur audience; ces coûts seraient compensés par quatre minutes de publicité horaire imposées sur toutes les radios.

Il faudra attendre encore quelques mois pour pouvoir vérifier si la réalité est conforme au discours marketing. Le concept est assurément malin, et pourrait redonner un coup de fouet au monde des webradios ; reste à savoir si les annonceurs publicitaires suivront et si la qualité du contenu utilisateur sera au rendez-vous (on peut parier qu’avec le temps les meilleures webradio se distingueront de la masse et pourraient même devenir profitable).

La dimension communautaire semble pour l’instant se limiter au partage de contenus et de musiques. Il me semble que l’idée pourrait être poussée beaucoup plus loin. Il serait intéressant par exemple d’offrir la possibilité à plusieurs personnes d’animer une émission en simultané ou de gérer une radio en équipe. D’autres questions restent en suspens, comme celle du contrôle et de la « censure » éventuelle du contenu ou la dimension internationale du service (qui n’est – pour une fois – ni américain ni anglais mais…belge !)

Un projet à suivre, qui pourrait bien réconcilier annonceurs publicitaires, artistes en manque de présence sur les ondes FM, sociétés de droits d’auteur et webradios.

Pour en savoir plus, la vidéo de lancement de Radionomy à la Tour Eiffel: une présentation intéressante des principales idées derrière le projet.