Economie du cinéma français : quelques chiffres de l’Ecole des Mines publiés dans Le Monde

8 10 2008

Le Monde du 5 octobre révèle qu’ « une étude, encore confidentielle, du Centre d’économie industrielle de l’Ecole des mines de Paris fait apparaître que l’immense majorité des films français ne sont pas rentables ». Et ça n’ai pas vraiment une surprise.

 

162 films français produits en 2005 ont servi de base de travail et on été suivi pendant deux ans d’exploitation : salles, vidéo, chaînes de télévision cryptées et en clair, ventes à l’étranger. « Seuls 15 longs métrages ont recouvré leurs dépenses de production et de distribution. Seuls 12 % des films étudiés sont rentables.  » Reste à savoir si cela changerait quelque chose si l’on considérait l’exploitation sur une période plus longue, avec des ventes vidéo et TV supplémentaires pour certains titres.

« Cette étude, réalisée par Olivier Bomsel et Cécile Chamaret et financée par l’Agence nationale de la recherche, confirme celle de 1996, qui montrait que seuls 15 % des films gagnaient de l’argent. »

 » Les recettes des 162 films de 2005 s’élèvent à 475 millions d’euros pour un investissement de 872 millions. « 

« Ces chiffres cachent d’extrêmes disparités : les 15 films bénéficiaires totalisent des recettes comprises entre 167 et 250 millions d’euros pour un investissement de 125 millions d’euros. Les films chers sont ceux qui s’avèrent le plus souvent rentables : 19,3 % des films de plus de 7 millions le sont, 11,6 % pour les films moyens (3-7 millions d’euros de budget), 3,9 % pour les petits (1 à 3 millions d’euros) et aucun pour les moins de 1 million d’euros. Mais certains films chers peuvent aussi provoquer des pertes abyssales. » Qu’en est-il d’Astérix aux jeux olympiques par exemple?

« Compte tenu des risques forts de l’industrie et du taux de succès supérieur des films chers, plus la filière est subventionnée (…), plus les bénéfices sont capturés par des acteurs privés échappant aux obligations d’investissement. » Il apparaît donc d’après l’étude que ce sont  les producteurs intégrés aux réseaux d’exploitation des salles ( UGC, Pathé, Gaumont, ou MK2) qui profitent le plus des succès et de la mutualisation des pertes.

Les  films dont le budget est inférieur à 3 millions ne parviennent presque jamais à couvrir, par les recettes en salles, leur investissement de mise sur le marché. On peut alors se demander si l’on ne pourrait pas adapter d’une certaine manière la chaîne de valeur de ses films, qui suivent pour l’instant celle des plus gros, pour améliorer leur rentabilité.

Concernant les sources de revenus, c’est toujours les chaînes cryptées et Canal Plus qui tiennent le haut du panier (51 %), loin devant les salles (38 %), l’exportation (6 %), les chaînes en clair (3 %) ou les DVD (2 %). « Pour les films de moins de 7 millions d’euros, la télévision cryptée représente même 60 % des recettes. Pour les films américains, c’est le contraire : 53 % des revenus viennent de l’exportation, 25 % de la vidéo, 11 % des salles et 10 % des télévisions. »

Point essentiel de l’étude : les auteurs remettent en cause, à l’image de nombreux acteurs de l’industrie,  la chronologie des médias. « Il n’y a pas de raison pour que des films peu valorisés en salles soient pénalisés par une réglementation qui cible les grands succès. »

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8 10 2008
timoz

La « règlementation qui cible les grands succès » est également remise en cause par la chronologie des médias. Luc Besson l’a très clairement évoqué en septembre dernier.

Les canaux de distribution mais également l’éclatement des contributeurs nuisent à la rentabilisation des longs-métrage français.
D’où l’émergence de nouveaux modèles inspirés des Etats-Unis en France, depuis avril dernier.

msm

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